Promotion 2023 – sortie culturelle au théâtre

LES ENFANTS HIBOUX ou les petites ombres de nuit,

Ecriture, mise en scène : Basile Yawanké

Cette pièce qui s’est jouée au théâtre Universitaire en février 2022 a été la première sélectionnée pour la promotion BRIO 2023. Notre effectif conséquent nous a demandés de nous répartir pour aller voir la pièce sur 3 soirs consécutifs.

Alors qu’il participait au festival des Récréâtrales de Ouagadougou en 2014, Basile Yawanké est confronté pour la première fois à des enfants des rues, organisés en bande et pratiquant une mendicité agressive. Cette rencontre le bouleverse. Qui sont ces enfants ? Comment en sont-ils arrivés là ? Pourquoi, au Congo, sont-ils accusés de sorcellerie ? De ces questions naît un texte qui met en scène le parcours débridé d’enfants rejetés qui s’inventent un monde à eux avec ses règles impitoyables.

L’action se passe sur un plateau d’un show télévisé, qui plonge un artiste de renom dans ses souvenirs d’enfant de rue. Face à la présentatrice, il est catapulté dans les méandres de son enfance. Le passé envahit le présent et fait resurgir des cicatrices à vif. Que sont devenus ses copains d’infortune : Rambo, Beyoncé, Conchita et Lady Gaga ? Entre violence des codes et ivresse des fantasmes, Basile Yawanké plonge dans la vie des « petites ombres de nuit ». Inspirée d’une thèse sur les enfants de rue, rejetés pour des accusations de sorcellerie, au Congo, cette pièce pourrait également évoquer les talibés du Sénégal, les enfants dans les favelas et les petits Roms dans les rues des pays occidentaux. Comment une société peut-elle mettre au ban une partie de sa jeunesse ? Qui sont ces enfants ? Quel est leur avenir ? La violence et la douleur de leur existence sont au cœur de nos sociétés, tellement visibles mais que nous gardons pourtant à distance même s’ils sont de véritables bombes à retardement.

Cette pièce qui aborde sans concession la cruauté de la vie des enfants des rues a bouleversé la plupart des lycéens BRIO. Violences policières, soumissions aux gourous sensés les « protéger », violences entre eux pour se faire leur place dans la bande, ces enfants s’organisent comme ils peuvent pour survivre. Non habitués à ce phénomène en France, le choc est là pour les lycéens nantais de découvrir le peu de cas que font les sociétés africaines des situations dramatiques de ces enfants des rues. Rejetés, et taxés de tous les maux, ces derniers taxés de sorciers sont en effet craints par la société car accusés d’agir dès que tombe la nuit pendant que dorment ”des âmes pures et innocentes”.

Retour d’un tuteur : « J’ai beaucoup aimé la représentation, pour le message transmis et le sujet peu connu. Également la qualité de la mise en scène qui provoquait de fortes émotions, mixe de compassion, stupeur et colère/dégoût (pour ma part en tout cas) ».

 

>> RENCONTRE AVEC LE METTEUR EN SCENE

Basile Yawanké étant un jeune auteur et metteur en scène nantais, nous avons pu mettre en place plus facilement une rencontre avec les lycéens et leurs tuteurs suite à la pièce. Elle s’est déroulée le 16 mars à Audencia.

Cette rencontre devait ne durer que 30 min, mais les lycéens et leurs tuteurs ont posé des questions à Basile Yawanké pendant 1 heure. Le metteur en scène a ainsi pu leur expliquer l’origine de son envie de créer une pièce qui traitait de la vie de ces enfants des rues, un phénomène qu’on retrouve dans plusieurs pays africains comme le Burkina Fasso ou encore le Sénégal mais aussi de justifier ses choix de mise en scène qui n’épargne en rien le public sur la violence de leur quotidien.

 

Retour d’un tuteur : « Superbe expérience, m’a permis de comprendre le cheminement derrière cette pièce et le choix du texte. Moi qui trouvait la pièce trop “violente/crue” lors de la représentation, je me suis finalement rangé du côté de Basile après qu’il ait expliqué les raisons de ses choix de mise en scène, ainsi que la volonté de provoquer “L’insoutenable” chez le spectateur devant ces actes… »

 

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