Brio | Illumination(s) : Histoires et portraits de notre société
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Illumination(s) : Histoires et portraits de notre société

Illumination(s) : Histoires et portraits de notre société

Mardi 24 et mercredi 25 mars 2015, les lycéens de première de la promotion 2016 sont allés au Grand T voir la dernière création d’Ahmed Madani, Illumination(s).

Dans Illumination(s), Ahmed Madani donne la parole à neuf jeunes du Val Fourré qui, en « experts de leur jeunesse », se racontent, et racontent leur histoire, la grande, celle de leurs parents, de leurs grands parents. Ils disent d’où ils viennent. Ces jeunes garçons sont décidés à rompre le silence, et à se dresser face à leur destin.

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Un souvenir

« Un souvenir d’enfance m’a marqué, celui d’un homme mort, au corps criblé de balles et promené de village en village attaché sur la bâche d’un camion, les bras en croix. C’était en pleine guerre d’Algérie. J’avais cinq ans et les yeux de cet homme me fixaient, j’étais fasciné. Je me suis toujours demandé ce qu’il voulait me dire. Les soldats qui l’exhibaient dansaient et chantaient, ils avaient l’air de s’amuser beaucoup. La guerre était-elle donc amusante ? J’ai vécu longtemps avec ce cadavre en moi et il a fallu que l’année 2012 arrive, cinquante années après que la guerre se soit achevée pour que je parvienne à écrire ce que cet homme voulait me dire. Cet homme est sans doute une figure de mon père qui, comme beaucoup d’autres résistants a subi les violences de la torture dont il n’a jamais dit un mot.

Avec Illumination(s), Ahmed Madani guide autant ces jeunes, que lui-même chemine à travers les zones sensibles de la mémoire.

Qui sont-ils ?

Ils ont grandi pour la plupart dans la cité du Val Fourré, à Mantes-la-Jolie, ville de banlieue parisienne où la famille du metteur en scène est arrivée en 1959. Qui sont ces jeunes dont on entend parler mais qui n’ont pas la parole ? Ahmed Madani interroge le regard porté par la société sur ces zoniers, met en avant des facettes non exposées, invite à soulever les masques de la peur, à laisser tomber les capuches de protection et les costumes engoncés de la sécurité. Ces garçons racontent leur histoire, celle de leurs parents, de leur parent, de leurs grands-parents et ainsi rompent le silence.